Jeunes gays, votre sang n'intéresse pas...
dimanche 26 déc
Imaginez : vous êtes un jeune homosexuel et vous avez entendu dire qu'il était important de donner son sang car les banques de sang en manquent cruellement. Alors n'écoutant que votre civisme, vous prenez votre courage à deux mains, vous qui tremblez devant une aiguille, que la vue du sang rend malade, et vous vous rendez à l'EFS afin de faire votre BA de l'année.
Arrivé à l'EFS, vous vous retrouvez face à un inconnu qui vous soumet à un questionnaire afin de déterminer si oui ou non vous êtes apte à donner votre sang. Lorsqu'il vous demande si vous avez déjà des relations homosexuelles avec un homme, vous acquiessez en toute honnêteté sans vous douter que cette franchise vous condamne d'ores et déjà à prendre la porte.
Là vous n'imaginez plus, c'est bien réel, votre interlocuteur vous explique avec plus ou moins de tact que vous ne pouvez pas donner votre sang et vous invite à prendre congés. Vous sortez de là dépité sans vraiment comprendre, ni réaliser ce qu'il vient de se passer. Vous vouliez rendre service, et on vous a rembarré parce que vous êtes gay.
L'EFS considère que les homosexuels de sexe masculin (oui oui ils ont l'air de penser que les lesbiennes sont immunisées) entrent dans la catégorie des population à risque. En effet, depuis l'affaire du sang contaminé, ils ont si peur du VIH qu'ils ont préférés prévenir les risques au maximum en écratant les catégories de personnes suceptibles d'être les plus touchées par le virus. Cette mesure s'appuyerait sur des statistiques effectués par l'établissement francais du sang. Voici pourtant des chiffres assez révélateurs :
90% des transmissions du VIH se font par voie sexuelle.
41% sont hétéros, 29 % sont homos et 16% sont des usagers de drogues injectables (stats de 1999).
Tout cela laisse entendre que leurs critères de séléctions s'apparentent plus à de la discrimination. La discrimination faite envers les homosexuels n'a donc aucun fondement scientifique, mais constituerait seulement un jugement d'une morale douteuse (Pour exemple, personne n'envisagerait d'exclure les hommes hétéros sur la base des ces mêmes constatations !).
Après avoir rencontrée des associations tel que Act Up, ProChoix et l'EFS s'est engagée à ce que l'entretien avec les donneurs potentiels soient mieux mené. Quoi qu'il en soit, si leur volonté n'est pas de faire de la discrimination, cela en est. Rappelons aussi que tout sang donné est vérifié et traité après récolte.
Depuis février 2007, le questionnaire préalable au don a été corrigé. La question : «Avez-vous eu des rapports homosexuels?» est remplacée par «Avez-vous eu des rapports sexuels à risque?». Reste à définir ce qui relève d'une pratique à risque.
Le responsable de l'EFS a par ailleurs réaffirmé son opposition au don du sang pour la population homosexuel. Le président de l'association quant à lui continue de stigmatiser les homosexuels comme population «potentiellement dangereuse».