Tout commença un peu trop tôt.
vendredi 2 nov
« Maman y a assez d'eau chaude pour prendre un bain ? » Tout a commencé comme ça. Un bain avec mon plus vieil ami. Nous avions 12 ans. D'abord des petites carresses innocentes et joueuses sur le torse, ponctuées de rires ; puis ces petites caresses descendaient progressivement. Et nous rions de ces petits attouchements. Mais le jeu nous plaisait un peu trop à tous les deux et nous n'avons pas vraiment su nous controler. C'était en hiver, j'étais en cinquième, je vivais ma première experience sexuelle , avec un autre garçon avec mon plus vieil ami, avec Julien.
Nous n'avons plus recommencé par la suite. Il ne voulait plus recommencer alors que moi je n'attendais que ça. Mais depuis ce jour de janvier je me suis posé des questions et je n'ai partagé mon secret avec personne. Je faisais semblant d'être comme mes copains mais je ne pouvais m'empêcher de regarder mes amis garçon du coin de l'oeil , je ne pouvais pas empêcher mon regard de s'attarder sur certain points de leur anatomie. J'essayais de me dire que c'était normal, que j'étais normal, qu'ils pensaient pareil que moi qu'ils faisaient pareil que moi, mais que eux aussi faisaient semblant.
En classe de troisième pour la première fois j'ai accepté de carresser une fille mais je n'éprouvais aucun sentiments forts pour elle. Mes gestes étaient faux, forcés, gauches. Mais la compagnie féminine ne me déplaisait pas. Plus tard je suis tombé fou amoureux d'une fille, une pianiste, un ange. La première fois qu'elle m'a vu, elle m'a vouvoyé, alors qu'on avait le même age. Ce fut le grand coup de foudre. Pour lui plaire je faisais des efforts : je venais toujours la voir après mes cours au conservatoire, je lui donnais des cours de chant, je faisais très attention à la manière de m'habiller... mais elle n'a pas voulu de moi. Ma première grosse deception. Mais, dès lors, j'étais convaincu d'une chose, j'aimais les filles et les garçons.
Le plus dificile c'était alors de m'accepter vraiment, être convaincu de la normalité de la chose, tenter de vivre, pour la première fois en harmonie avec ma sexualité.
Mais pour parvenir à m'accepter, il fallait que mes amis m'acceptent. La première fois que je l'ai dit c'était après le lycée à une amie. On remontait le boulevard de Cimiez et je lui ai tout raconté d'un traite. Mon coeur battait trop vite. A la fin de mon histoire elle m'a regardé avec un petit sourire et elle m'a fait un bisous sur la joue. Je l'ai dit ensuite, avec beaucoup plus de dificulté à mon meilleur ami, Vincent et il n'a pas été choqué. Je l'ai dit à tous mes autres amis (filles et garçons) et ils m'acceptent parfaitement.
Aujourd'hui je suis en terminale Littéraire et je ne rencontre plus le moindre problème. Certains pensent que les bisexuels sont des hétéros qui essaient de se donner un style ou alors des homos qui n'arrivent pas à complètement s'accepter. Je ne suis pas d'accord. Tout comme l'homosexualité, la bisexualité n'est pas un choix. C'est une manière de vivre, une autre façon d'appréhender le monde. Le bisexuel n'est pas 50% hétéro et 50% homo, mais il est les deux à la fois et à 100%.
Je suis hétéro et fier de l'être. Je suis Homo et fier de l'être.