The L Word : Une ouverture ou fermeture du monde lesbien ?
lundi 10 avr
Cette nouvelle série a eu le don de séduire une bonne partie de la « communauté lesbienne », mais est-ce vraiment une série qui représente le monde lesbien, et donc la vie des femmes homosexuelles ?
D’apparence, on pourrait dire oui. Maintenant est ce que la profondeur répond à ces exigences. Ce sujet étant encore flou pour beaucoup de gens est donc un thème difficile à traiter, quant il s’agit de satisfaire les personnes concernées : les lesbiennes, et les hétéros.
Savoir parler des tabous, tout en ne choquant pas et surtout en étant fidèle a la réalité, n’est pas une chose simple à faire. J’ai donc regardé entièrement la première saison, tout d’abord d’un oeil curieux, puis d’un regard plus objectif.
Il est vrai que c’est une des première fois ou le monde lesbien est mis à jour, car on ne peut pas nier que la "culture homosexuelle" est d’avantage révélé chez les hommes que chez les femmes. Dans le sens où la société en terme général connaît beaucoup plus l’homosexualité au masculin qu’au féminin. Autrement dit l’idée même de la série est très innovatrice. Hélas que ce soit dans le casting, la mise en scène ou le scénario en lui-même, on peut déceler beaucoup d’erreurs.
Tout d’abord, même si je ne crois pas, et surtout rejette tous les « clichés » qui vivent et persistent sur le physique des lesbiennes, on ne peut pas nier l’existence de certaines, appelées vulgairement « camionneuse », or dans cette série il n’y en a pas ou du moins il faut observer tous les recoins de la série pour peut être en apercevoir une. Alors que je mets au défi, n’importe qui d’aller dans un bar ou dans une soirée dites « entre filles » (comme il se passe dans la série), et de ne pas en trouver une… La magie d’Hollywood sûrement.
Ensuite, j’aime cette image de la lesbienne ouverte vers le monde extérieur, qui ne s’enferme pas dans un cercle d’amis de la même sexualité. Comme si les homos ne s’entendaient qu’avec des homos ! Et quand on regarde the L Word, on a l’impression qu’il existe un monde à part, où tous les habitants sont gays jusqu’aux ongles (pour reprendre une des expressions de la série). De plus la seule hétéro qui passe, ne résiste pas longtemps, elle tombe dans les bras de la ténébreuse, la femme fatale : Marina… À croire qu’aucune femme ne peut résister à l’amour d’une femme…
D’ailleurs cette hétéro perdue, est sur le point de se marier, avec l’unique homme de la série, que l’on voit à chaque épisode : Tim. Son personnage est simple, il est gentil, excité à la pensée que deux femmes puissent faire l’amour ensemble, aime sa copine… mais est cocu jusqu’à la fin ! Quelle belle image, surtout pas dévalorisante…
Mis à part ça, ce qui m’a d’autant plus choqué, et surtout révolté est la manière qu’utilise le « couple qui dure » (et l’unique d’ailleurs), pour concevoir un enfant. En effet il est vrai qu’au point de vue de l’anatomie il est plus facile pour deux femmes d’avoir un enfant que deux hommes… Ce couple l’ayant compris, au bout de quelque temps de réflexion, aboutissent au « plan à 3 ». Tout se déroule très bien, elles trouvent un homme consentent, commencent à le caresser etc.. quand celui ci décide de mettre un préservatif (quel homme consciencieux! Elles n ‘avaient même pas pensé qu’un homme ait le besoin de se protéger!!) Elles « jettent » alors le mec, étant donné qu’il refuse de ne pas en mettre. Encore une fois, quel respect de l’homme, à croire qu’il n’est bon que pour donner sa semence! Et surtout une belle pub pour le préservatif !
Tout ça pour dire que cette série en effet, révèle le fait que les lesbiennes ne soient pas toutes des « Josiane balasko » (gazon maudit), mais plutôt toutes des mannequins qui roulent en décapotables (en effet les « capotes » c’est pas pour elles !), qui n’ont pour amies que des femmes du même milieu, et surtout qui rejette l’homme, en ne le respectant pas.
Bien sur, je sais qu’il faut faire la part des choses, mais pour un regard totalement extérieur qui n’a aucune idée du milieu homo, qui ne l’est pas sois même, et qui n’a aucun ami qui le soit… que pense t’il après tout ça ?
Cette série était l’occasion de véhiculer à la fois des images positives tout en révélant la vérité. Or pour moi ces objectifs ne sont pas atteints.